L’ENDOMÉTRIOSE EN AUTOPORTRAITS

L’ENDOMÉTRIOSE EN AUTOPORTRAITS

Emma Fernandes

Georgie Wileman est une photographe britannique atteinte d’endométriose. Chez les femmes souffrant de cette maladie, l’endomètre colonise d’autres organes, à proximité ou à distance de l’utérus. Georgie Wileman commence en 2014 une série d’autoportraits dépeignant le quotidien de sa maladie, de ses séjours à l’hôpital jusqu’aux cicatrices de ses opérations. Des femmes atteintes d’endométriose nous ont donnés leurs avis sur ces photographies.

En 2017, la photographe Georgie Wileman remporte The Taylor Wessing Portrait Prize à la suite de l’exposition Endometriosis au National Portrait Gallery à Londres. Elle n’a d’ailleurs pas pu assister à celle-ci à cause de douleurs gynécologiques. Georgie Wileman capture dans cette série de photographies les moments les plus dures de sa maladie. Elle désirait avec ce projet “mettre en image la réalité de cette maladie.” C’est ainsi que, sur son blog, Wileman raconte le quotidien de sa maladie à ses lecteurs : “des lésions internes tirent, tordent et cicatrisent nos organes, en ne laissant que notre douleur pour le démontrer”. La transparence de ces photographies et de ces textes vise à faire connaître la maladie, trop souvent prise pour des règles douloureuses.

“Merci à elle, merci Georgie Wileman pour ton courage.”, Marie-Pier

Cette exposition a reçu un accueil chaleureux de la part des femmes atteintes d’endométriose. Le sentiment général qui se dégage à la vue de ces photographies est la gratitude d’avoir mis des images sur la “maladie invisible”. Marie-Pier, une étudiante diagnostiquée depuis un an, déclare “je trouve ça merveilleux qu’elle ait eu le courage de se montrer dans sa vulnérabilité, et je trouve qu’elle aide à comprendre mieux cette maladie avec ses photos, parce que maintenant on dirait qu’il nous faut des images frappantes et claires pour comprendre les choses graves.” Elle avoue n’avoir jamais trouvé le courage de faire part de cet aspect de sa vie. Elle raconte s’être éloignée d’une partie de son entourage depuis le début de ces symptômes: “Il devient compliqué de passer du bon temps avec des amis, lorsque l’on passe tout son temps à se tordre de douleur jusqu’à ne plus pouvoir se concentrer sur autre chose. Elle occupe tout notre esprit. Alors, on s’isole peu à peu.” Georgie Wileman traite du même problème dans son blog: “Les semaines et les mois se confondent entres eux, les médicaments contre la douleur brouillent la réalité de l’existence, assez pour oublier que la vie continue à l’extérieur de ses murs”.

L’étudiante espère que ses photographies contribueront à “une plus grande compréhension de cette maladie, et une reconnaissance de notre douleur”, ainsi qu’un diagnostic plus rapide de l’endométriose.

« J’ai eu envie de la libérer de toute sa peine… », Caroline

Les femmes interrogées se sont senties représentées, se sont même reconnues à travers ses photos.  Caroline, atteinte d’endométriose depuis 10 ans, nous confie avoir été choquée par ces images, elle a d’ailleurs pleuré à la vue de la photographie du visage de Georgie Wileman. “Sa souffrance mange son esprit, et je suis passée par la même chose, je sais comment on se sent et la solitude qui pèse lors de ces moments où l’on se trouve seul à seul avec sa douleur.” Néanmoins, c’est la photographie où Georgie se trouve recroquevillée sur son lit qui lui a le plus parlé. L’image du mur où l’on peut seulement voir un rayon de soleil représente une situation qu’elle vit souvent “C’est comme s’il s’agissait d’un point que l’on est obligé de fixer pendant des heures en priant le ciel de délivrer de cette douleur, en pensant à toutes ces choses qu’on ne peut pas faire ou aurait aimé faire. C’est ainsi que je le vis moi. Alors on ferme les yeux et on essaye de dormir mais en vain…”.

Les témoignages partagés par ces femmes sont en lien direct avec les photographies de Wileman. Même si l’exposition n’est plus visible depuis février 2018. La photographe a continué son travail en incluant les portraits de Cori Smith, un homme transgenre, Abby Norman, et l’actrice Lena Dunham. Tout.es atteint.es d’endométriose eux aussi et prêt.es à se montrer dans toute leur vulnérabilité pour augmenter la sensibilité à cette maladie qui se trouve au coeur de leur vie.

Voici le lien vers le blog de Georgie Wileman pour voir l’ensemble de ces photographies : https://www.georgiewileman.com/this-is-endometriosis-1/

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s