XMAS UN WOMEN : 7 livres féministes à mettre sous le sapin

XMAS UN WOMEN : 7 livres féministes à mettre sous le sapin

 

Cylia M., Solani, Graciela , Lauren, Dylan, Lucie Dumas Ferreira

La rédac’ de UN WOMEN t’as préparé une sélection coup de coeurs de livres féministes à glisser sous le sapin …

24 heures de la vie d’une femme, Stephen Zweig

L’histoire : 24 heures peuvent-elles suffire pour bousculer à tout jamais la vie d’une femme ? C’est l’été sous la côte d’Azur. Un scandale vient bientôt bousculer la tranquillité des pensionnaires d’une pension de famille au large de la Riviera :  on venait d’apprendre que Madame Henriette, une  jeune femme respectable et respectée mariée à un riche industriel et mère de deux enfants venait de  s’enfuir avec un parfait inconnu abandonnant tout derrière elle. C’est la pagaille dans la pension où tout est toujours si calme. Pendant un repas animé, les langues se délient, le ton monte et les disputes éclatent pour ses pensionnaires qui ne comprennent pas le geste. Seul notre narrateur défend cette “mauvaise épouse” dont il salue le courage se mettant ainsi à dos tous ses compères sauf Mrs C., une veuve anglaise habituée qui touchée par sa réaction, se décide à lui raconter 24 heures de sa vie de femme.  

Le petit plus : À la manière d’un peintre, Sweig nous trace avec brio les parcours singuliers de ces femmes qui se sont autorisées à vivre passionnément dans un monde fait de conventions et de bonnes manières et ce, au nom de la liberté de vivre leurs émotions. Zweig sous le trait de ces femmes, conte avec justesse cette infime limite que l’on trouve entre folie et raison, amour et affection. Par son style de prédilection, l’enchâssement, il nous fait voyager de tableau en tableau, d’histoire en histoire dans le tourbillon des sentiments humains qui dépassent bien plus souvent qu’on ne le croit, l’entendement. La passion au service du passé.

La servante écarlate, Atwood

L’histoire : Dans un futur dystopique, la République de Gilead a réduit le corps des rares femmes encore fertiles à un rôle de procréation et de gestation. Ces femmes vêtues de rouge – les “servantes écarlate” – sont à la disposition d’un couple marié jusqu’à la naissance d’un enfant. Rien ne devant les détourner de cet ultime but, les servantes n’ont ni possibilité de communiquer avec d’autres, ni loisirs, ni même une identité propre. Defred, elle-même servante écarlate au service d’un Commandant et de son Épouse, n’a que ses souvenirs du monde d’avant, où les fanatiques n’étaient pas au pouvoir, pour se révolter.

Le petit plus :  Le roman, écrit en 1985, n’a jamais été autant d’actualité qu’à notre époque, où les femmes se voient encore disputer la possession de leur propre corps, chosifié dans toutes les phases de la féminité. L’écriture est incisive, marquante, forte. L’histoire nous fait passer par toutes les émotions, le malaise, la tristesse, la colère, la révolte, mais surtout elle nous pousse à la réflexion. Cette lecture, intense et riche, est à mettre entre toutes les mains !

Sorcières: la puissance invaincue des femmes, Mona Chollet

L’histoire : Journaliste au Monde Diplomatique et essayiste dont la renommée et l’engagement féministe ne sont plus à faire, Mona Chollet revient cette année avec Sorcières, un essai socio-historique centré sur un féminicide physique, sociale et politique, encore trop moqué et dédaigné. Misogynie, peur des femmes, tyrannie des organisations masculines occidentales, Sorcières est une riche réhabilitation d’une histoire et d’une actualité des femmes. Oubliée de notre passé commun européen et américain, la chasse aux sorcières a pourtant été l’un des événements les plus violents à l’encontre des femmes et des féminités, cristallisant à long terme les préjugés, et légitimant les injustices et discriminations encore présentes à tous les niveaux de l’organisation sociétale. Violées, brûlées, humiliées, expulsées de la médecine dont elles étaient pourtant les instigatrices, les sorcières sont cependant toujours bien là ; travaillant au corps une société enlisée dans son orgueil culturel et historique, omettant allègrement qu’elle reproduit les schémas d’une réalité « barbare ».

Le petit plus : Sous le sérieux et la gravité des faits et des constats énoncés, Mona Chollet ne manque pas de se laisser aller à l’humour ; non pas pour alléger une histoire bouffie par la violence, mais tout simplement parce qu’elle le veut. La journaliste s’inscrit dans ce courant littéraire dénudé de tout élitisme universitaire et scientifique, prenant la liberté d’écrire comme elle le souhaite, et rendant accessible à toutes et à tous la lecture de cette révision historique.

Domitila : “si on me donne la parole…” témoignage recueilli par Moema VIezzer.

L’histoire : Moema Viezzer, journaliste brésilienne, fait une synthèse d’une série d’interviews pour nous livrer le récit autobiographique de Domitila Chungara. Issue des mines boliviennes, elle se définit d’emblée comme femme de foyer et pense son rôle politique et social à partir de cette réalité. En effet, dans une époque où non seulement les femmes, mais aussi les classes ouvrières, étaient réprimées, soit par une société machiste, soit par le gouvernement, prendre la parole était un acte politique, le faire en tant que femme était révolutionnaire. Prise dans des contradictions —défendre un milieu qui la condamne au silence et se méfie de son action—, elle incarne un féministe dont l’action se pense au service de son peuple, de sa famille, et par cela d’elle-même. Pour Domitila, il n’y a rien d’aliénant à penser la femme, son action et donc son pouvoir, par rapport à ce qui prétend la dominer, et c’est précisément dans cette opposition qu’elle trouve sa force. C’est comme si la répression lui permettait de s’affirmer et de prendre conscience des limites qu’on veut lui imposer ; ainsi, sans échapper, elle trouve son indépendance dans l’affirmation de sa personne, d’un “je” qui se veut celui de tout un peuple, de toute une classe.

Le petit plus : Pour toutes et tous les sceptiques qui pensent le féminisme en concurrence des luttes sociales, voilà un livre qui pourra leur faire changer d’avis et leur permettra de connaître un pays magique. Car le courage n’a pas de frontières, ni spatiales ni temporelles, cette prise de parole peut nous l’inspirer pour mieux affronter cette fin d’année et mieux recevoir celle qui vient.

Libres ! Manifeste pour s’affranchir des diktats sexuels, Ovidie – Diglee

L’histoire : « La seule certitude qu’il nous reste en matière de sexe : nous sommes les seules décisionnaires de ce que nous faisons de notre corps et rien ni personne ne devrait jamais nous dicter notre conduite. »

Par cette phrase, Ovidie résume parfaitement le but de ce livre. Divisés en quinze chapitres traitant tous d’un thème différent : le rapport au corps, les règles, la vision du couple, les poils, la bisexualité, l’existence du clitoris (oui, oui) et j’en passe, Ovidie explique, détaille, chiffre ces sujets qui restent aujourd’hui gênants pour le commun des mortels et qui semblent ne concerner que les femmes.

Avec des mots clairs, directs, sans tabous et sans gêne, ces textes apportent des réponses aux questions que chacune, et chacun, peut se poser et surtout permet aux femmes de décomplexer et de comprendre qu’elles aussi ont le droit de réclamer et d’atteindre le plaisir (non pas que charnel). Parfaitement illustré par les dessins de la talentueuse Diglee, chaque chapitre est clos par une planche de BD à la fois humoristique et à chaque fois très réaliste.

Le petit plus : à mettre entre les mains de toutes les femmes qui n’osent pas assumer leurs envies pour les décomplexer, mais aussi dans celles de votre copain, frère, père, ami, voisin où je ne sais quel autre homme de votre vie, en guise de clin d’œil : les diktats sexuels ne seront pas réglés QUE par les femmes.

King Kong Théorie, Virginie Despentes

L’histoire : Despentes, à travers une écriture sulfureusement teintée d’ironie, livre dans cet essai autobiographique, les expériences sexuelles qui ont donné vie au personnage “Virginie Despentes”. Du viol, à la pornographie en passant par la prostitution, elle démonte, désosseuse, les sexualités, les tabous, la frigidité bourgeoise, impose une lutte de classe, de race, de beauté, à la société bien-pensante. Prône-t-elle le SEXE ? OUI ! Incite-t-elle les jeunes femmes à se dépraver pour autant ? Soyons justes, elle incite à tous, hommes, femmes, jeunes, neutres et alii à se connaître à travers la sexualité. D’une libre sexualité, naîtra la femme libre.  

Le petit plus : Un cadeau de Noël qui fera plaisir à toute femme en devenir ! Une vulgarisation excellemment libératrice des valeurs féministes contemporaines.   

La condition pavillonnaire, Sophie Divry

L’histoire : L’histoire d’une femme, d’une mère, d’une amante, à notre époque. Une femme qui a vécu son histoire ou du moins celle qu’on voulait lui prêter… Une femme isolée, seule, produit d’une société insatisfaite. Voici les restes d’Emma Bovary, voici la Bovary Moderne : M-A… Emma ? A travers son écriture dénudée, avec ces rares envolées lyriques qui accompagnent les élévations superficielles de la protagoniste, Devry tente de dévoiler aux femmes, ces artificielles libertés qui les condamnent encore et toujours à l’aliénation des hommes.

Le petit plus : Pour ceux qui vantent l’égalité femme/homme, pour ceux qui pensent que par le travail, nous réussissons tout, pour ceux qui pensent que l’égalité, c’est maintenant : l’aliénation est invisible pour celui qui est déjà sous emprise.

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