Focus sur…. Irene, pour des menstruations décomplexées

Focus sur…. Irene, pour des menstruations décomplexées

 

Emma Fernandes

Irene est une étudiante en Arts de 20 ans. D’origine espagnole, elle s’est installée à Paris où elle milite pour le droit des femmes. Cette militante féministe lutte sur divers sujets dont la précarité menstruelle ou la démystification de la femme. Elle a également créé avec une bande de copines le Dana Magazine, un périodique gratuit qu’elle veut accessible à tous.

Le 1er février, Irene a pris la décision de se balader dans Paris sans protection hygiénique. Elle a décidé d’agir comme elle ferait à son habitude si elle n’avait pas ses règles, en prenant le métro, en allant à la fac, en passant par une exposition et en allant boire un verre en fin de journée. Cette action a fait le buzz sur les réseaux sociaux et dans les médias. Le but était de dénoncer la précarité menstruelle et le tabou existant autour des règles.

Des collégiennes l’ont pris en photo en rigolant et Irene a eu le plaisir de poser pour elles. Des messages positifs lui ont été envoyés sur Instagram, mais elle a également reçu des messages négatifs concernant son action. Certains lui disant de rester chez elle si elle ne pouvait se payer des protections hygiéniques, mais le problème est que la majorité des femmes ne pouvant se payer ses protections sont sans domicile fixe. Ceci soulève le fait que l’espace public serait donc un espace réservé aux personnes ayant de l’argent, et crée une discrimination autour des règles et des classes sociales.

Pendant en moyenne 38 ans (de 18 à 45 ans), une femme est réglée. Ces règles ont un coût assez conséquent. Une femme dépense en moyenne 23 500 € sur des serviettes ou des tampons en tout, au cours de sa vie, sans compter les médicaments liés aux douleurs menstruelles. Ceci advient à environ 650 € par an. À ce coût, le fait de se priver de protections hygiéniques est loin d’être un choix.

Irene déplore le fait que l’État n’en fasse pas davantage pour aider ces femmes en état de précarité. Selon elle, cette inaction de l’État est due au fait que les hommes ne sont pas touchés par cet enjeu. À travers cette action, elle voulait les mettre devant le fait accompli, les inclurent directement dans le discours, que cela leur plaise ou non. Car bien que ceci ne fût pas agréable pour elle, elle a voulu que ça le soit encore moins pour eux.

Irene regrette, de plus, le tabou existant autour des règles aujourd’hui : “En général, le corps des femmes est complètement tabou, on le cache, on met du liquide bleu et pas rouge dans les pubs sur les serviettes. Dans ces mêmes pubs à côté de la plaque, on nous montre des femmes en train de faire de la gym dans des positions extrêmes alors que nous, tout ce qu’on veut, c’est ne pas nous ruiner avec des tampons à la composition souvent très chimique. On n’en parle pas en politique parce qu’il y a le tabou des règles, mais ça doit devenir un sujet politique officiel. « 

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