We should all be feminists

We should all be feminists

 

Rachelle Kutu,

Décrite comme une « grande dame de la littérature contemporaine », ou encore une « femme d’exception », Chimamanda Ngozi Adichie est une écrivaine nigériane désireuse de transmettre au monde son expérience et son savoir. Particulièrement engagée dans la cause féministe, les mots que cette femme emploie dans son Ted talk nommé « We should all be feminists » ne cessent de résonner dans mon esprit. C’est avec beaucoup de sincérité et en exposant un grand nombre de vérités que Chimamanda aborde le sujet du rôle des sexes dans la société, tout en s’inspirant de son expérience en tant que femme africaine qui a grandi au Nigeria. En mettant en lumière quelques phrases marquantes de son Ted talk, j’aimerais que vous compreniez pourquoi nous devrions tous être féministes.

Une déconstruction de l’image négative de la féministe

“I decided that I would now call myself a happy African feminist […] who does not hate men and who likes lip gloss and who wears high-heels for herself but not for men.”   

« J’ai décidé que j’allais désormais m’appeler une féministe africaine heureuse […] qui ne déteste pas les hommes, qui aime le gloss et qui porte des talons hauts pour elle mais pas pour les hommes. »

Et si on soufflait, et si on arrêtait de voir les féministes comme les ennemies de la gent masculine. De nos jours, se dire féministe, c’est prendre le risque d’être vue négativement par son voisin, d’être perçue comme une femme aigrie qui déteste les hommes, qui déteste les soutiens gorges, et même, dans le cas de Ngozi Adichie, qui déteste la culture africaine. En bref, être féministe, c’est être systématiquement associée à une femme pleine de haine qui s’oppose à toute construction sociale établie jusqu’ici. Alors oui, un grand nombre de féministes sont en colère, en ont marre d’avoir à se battre au quotidien, au XXIe siècle, pour des problèmes qui n’ont pas lieu d’être. Elles en ont marre de devoir sans cesse prouver qu’elles sont fortes et libres sans pour autant perdre leur féminité. Elles en ont marre d’avoir à se justifier tout en étant très vite décrédibilisées ou confrontées à un public sourd. Mais sachez qu’être féministe, c’est simplement croire en une évolution des mentalités, c’est vouloir que les obstacles auxquels les femmes sont souvent confrontées dans la société ne soient pas, la plupart du temps, liés à leur sexe.  

Un problème profond, lié aux racines même de l’éducation 

“ If we start raising children differently […] boys will no longer have the pressure of having to prove this masculinity.”

« Si nous commençons à élever nos enfants différemment […] les garçons n’auront plus la pression de devoir prouver cette masculinité. »

L’écrivaine soulève un point d’une justesse incontestable et qui, à mon sens, doit être évoqué à chaque fois que l’on parle de féminisme : le commencement, l’éducation des enfants. Pour être plus précise, il faudrait se pencher sur l’éducation des garçons. En effet, Ngozi Adichie parle de la définition très restreinte de la masculinité que nous transmettons aux garçons dès leur plus jeune âge. On leur apprend très tôt à craindre l’expression de la peur, la faiblesse ou encore la vulnérabilité. On leur apprend à faire taire leur véritable nature et on leur demande sans cesse de prouver leur masculinité. Ce conditionnement, cette volonté de leur faire ressentir qu’ils doivent toujours être infaillibles, laisse les hommes avec un « ego très fragile ». La conséquence de tout cela est que l’on impose aux femmes de satisfaire cet ego fragile. On apprend aux filles à se minimiser, à faire en sorte de ne pas prendre une place trop importante pour ne pas empiéter sur celle que l’homme est supposé occuper.

On dit aux filles « Tu peux avoir de l’ambition, mais pas trop. Tu devrais aspirer à réussir, sans trop réussir, autrement tu ferais peur aux hommes. »

La perception du genre, principal fléau

“The problem with gender is that it prescribes how we should be rather than recognizing how we are.”

« Le problème du genre est qu’il prescrit comment nous devons être plutôt que reconnaître ce que nous sommes. »

Dans un monde où la plupart des positions de pouvoir et de prestige sont occupées par des hommes, nous assignons un rôle et une conduite prédéfinis aux femmes. S’il ne faut pas oublier que les hommes et les femmes sont incontestablement différents biologiquement, la socialisation exagère ces différences. Une femme avait été violée par plusieurs hommes dans une université au Nigeria. Après cet évènement tragique, des hommes et des femmes d’origine nigériane ont directement posé la question suivante : « Oui, violer c’est mal. Mais que fait une fille dans une pièce avec 4 garçons ? ». Cet exemple donné par l’écrivaine illustre parfaitement l’idée selon laquelle nous faisons ressentir aux femmes qu’en raison du fait qu’elles sont nées femme, elles sont déjà coupables de quelque chose. On leur apprend à avoir honte.

Personnellement je suis persuadée que de façon abstraite et du fait de leurs différences, les hommes et les femmes ont chacun leur place définie dans un foyer sur certains points. Cependant, certaines femmes  grandissent dans l’art du « faire semblant »: certaines femmes aiment faire à manger, et j’en fais moi-même partie, mais d’autres font parfois semblant d’aimer faire à manger juste pour être vues comme de « bonnes épouses » ou des «bonnes femmes».Si on reste sur l’exemple de la cuisine, on peut remarquer que les attentes liées au genre sont parfois bourrées de contradictions. En effet, dans le foyer, les femmes sont plus susceptibles de faire la cuisine que les hommes . Est-ce parce qu’elles sont nées avec un gène de cuisinières ? Si on en croit les sociétés, peut-être après tout, mais au final la majorité des cuisiniers les plus prestigieux dans le monde sont des hommes…

Alors imaginez à quel point nous serions heureux si nous étions libres d’être notre véritable personne, si nous n’avions pas le poids des « gender expectations ».

Les problèmes liés au genre existent, et c’est à nous tous d’agir

“Gender matters. Men and women experience the world differently. Gender colors the way we experience world.”

« Le genre compte. Les hommes et les femmes expérimentent le monde différemment. Le genre colore la manière dont nous vivons le monde. »

Il est certain que beaucoup d’évolutions non-négligeables ont été réalisées en matière de rôle des genres dans la société. Toutefois, de nombreux progrès restent à faire et ceux-ci commencent par la reconnaissance. Un grand nombre de personnes, et surtout d’hommes, disent que tout va bien et, par conséquent, ne font rien pour que certaines situations qui sont le parfait reflet des inégalités entre les hommes et les femmes changent. Chimamanda Ngozi Adichie ajoute également que certains diront que la subordination des femmes aux hommes fait partie de leur culture. Toutefois, elle rappelle que les cultures évoluent avec le temps en prenant l’exemple de ses nièces de 15 ans, des jumelles nées à Lagos. Si ses nièces étaient nées 100 ans plus tôt, elles auraient été enlevées et tuées, car cela faisait partie de la culture Igbo (peuple du sud-est du Nigéria) de tuer les jumeaux. Elle affirme enfin que ce qui compte le plus c’est notre état d’esprit, c’est ce à quoi nous croyons, et ce à quoi nous donnons de la valeur concernant le genre.

« Et si, en élevant nos enfants, on se concentrait sur les capacités plutôt que sur le genre ? Et si on se concentrait sur l’intérêt plutôt que sur le genre ? »

« A feminist is a man or a woman who says, Yes, there’s a problem with gender as it is today, and we must fix it. We must do better.”

« Une féministe est un homme ou une femme qui dit :  » Oui, il y a un problème avec le genre tel qu’il est aujourd’hui, et nous devons le régler. Nous devons faire mieux.”

Être féministe, c’est bien plus qu’une appartenance à une idée, un groupe ou une idéologie déterminée. C’est plus qu’un mouvement de contestation et de rébellion.

Être féministe, c’est être une personne qui prend en considération les inégalités entre les hommes et les femmes et qui veut faire en sorte de les régler.

Pour être honnête avec vous, j’ai moi-même du mal à me définir comme féministe. Être mise dans une case et devoir réduire mes convictions en un mot qui englobe énormément de mouvements et de degrés d’engagements différents ne me réjouit pas forcément. Toutefois, ce qu’il faut comprendre en écoutant Chimamanda, c’est que ce n’est pas la forme qui compte, mais bel et bien le fond. Aussi repoussant que ce mot puisse paraître, ce n’est finalement pas lui qui importe le plus mais c’est de croire en l’égalité sociale, politique et économique des sexes. Ne devrions-nous pas tous y croire ?

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