Pratiques-tu un bon féminisme ?

Pratiques-tu un bon féminisme ?

Lucie D. Ferreira.

« Comment tu peux te dire féministe alors que t’es le stéréotype de la femme : robe, talons, maquillage ? »

« Comment ça ne t’a pas lu Le deuxième sexe en entier ? T’es pas féministe alors … »

« Ah non mais tu écoutes du rap alors tu ne peux pas défendre correctement les autres femmes : t’as vu comme elles sont considérées dans les chansons et dans les clips des rappeurs ! »

« Si tu étais une vraie féministe, tu ne porterais pas de rose. »

« Tu veux un mari et des enfants ? Mais les féministes détestent les hommes non ? »

J’en passe des vertes et des pas mures mais je pense que toute femme qui se déclare féministe (ne le sommes nous pas toutes au fond ?) a déjà dû faire face à une de ses questions/affirmations.

Il semblerait qu’aujourd’hui la femme féministe – rappelons que des hommes sont féministes aussi – soit vue comme entrant et respectant parfaitement un seul cadre. A savoir, celui où les hommes n’ont pas leur place, où les robes ou jupes « trop courtes, trop vulgaires, trop féminines » sont interdites, où les enfants sont vus comme une espèce à part qui est bien mieux chez les femmes maternelles que chez les militantes, où il n’y a aucune vie privée : seulement une vie associative tournée vers la domination féminine sur le monde entier et une vie professionnelle qui est le plus bel épanouissement de ces femmes. Cette femme serait elle-même à part et voudrait changer le monde afin d’inverser les rôles et montrer aux hommes ce qu’elles ont subit depuis des décennies en leur rendant la pareille.

Bien entendu, ce point de vue est minoritaire mais partons de l’extrême pour reposer les basses, voulez-vous !

La définition

Donner une définition du féminisme semble, au premier abord, ne pas être une chose simple tellement les visions peuvent être larges et différentes. Je prends alors le parti ici de donner la définition qui me semble la plus juste, d’un point de vue personnel et motivé par les valeurs que je souhaite défendre. Je me tournerai donc vers le discours qu’à prononcé Emma Watson pour le lancement de la campagne He For She en tant que qu’ambassadrice de bonne volonté pour les Nations-Unies. Elle rappelle que « for the record, feminism by definition is the belief that men and women should have equal rights and opportunities. It is the theory of political, economic and social equality of the sexes ».

Bien vaste comme définition mais une chose est certaine : le féminisme n’est pas seulement un combat de femmes. On parle d’égalité des sexes sur le principe – comme aboutissement final – mais cela sous-entend également que les femmes comme les hommes devraient se sentir concernés par ce combat. Après tout messieurs, vous avez tous une femme dans votre vie : qu’elle soit votre mère, votre sœur, votre cousine, votre grand-mère, votre fille, votre meilleure-amie, votre fiancée … Qu’on me jette la pierre si je me trompe en affirmant que cette femme en question a déjà, malgré elle, consciemment ou inconsciemment, subit une discrimination du fait de son sexe. Dès lors, c’est main dans la main, en prenant conscience ensemble des inégalités routinières qui se sont installées dans nos vies et qui chaque jour laissent entendre qu’une des deux moitiés de la population vaudrait moins bien que l’autre, qu’il faut avancer, grandir et construire un monde plus censé.

Vous allez me dire que vous avez du mal à vous y retrouver pourtant, que les choses ne sont pas aussi claires que ça dans la réalité. Bien entendu, je n’oserai pas dire le contraire. Mais il est de notre devoir de faire la part des choses. Nombreuses sont les visions du féminisme. Peut-être y en a-t-il autant qu’il y a de féministes, hommes et femmes confondus. Certaines sont sûrement plus virulentes et violentes que d’autres qui peuvent parfois être qualifiées de totalement passives. Seulement, elles ont toutes un point commun : l’élévation du statut de la femme dans la société. Et société, rappelons-le, englobe tous les domaines : de la politique au social, de la place de la femme à la maison à celle au travail, des loisirs à l’implication associatives ou syndicales.

La vraie question ici est : y a-t-il une bonne et une mauvaise définition du féminisme ? Décryptage.

Les visions différentes

J’ai, je crois, suffisamment répété qu’il y avait de nombreuses définitions du féminisme. Dès lors, commençons par celle qui fait le plus jaser et qui s’attire le plus de critiques.

Pouvons-nous être féministe et extrémiste ?

Non, la notion ne vient pas de moi mais est bien utilisée dans les médias comme par la population en général. Est-il possible de défendre les femmes et leur droit à disposer de leur corps tout en se mettant littéralement à nu pour réaliser des opérations coup de poing ? Oui, pour la majorité des gens, les Femen ne sont pas des féministes mais des extrémistes qui veulent assoir la domination féminine sur l’actuelle domination patriarcale.

Il me semble que le discours sur leurs actions s’est un peu perdu alors cherchons le chemin ensemble. Au départ, les Femen est un groupe composé de femmes, né en Ukraine, dont le but était principalement de dénoncer les problèmes telles la prostitution ou la pornographie sur Internet. C’était un moyen également de faire connaitre les conditions de vie des femmes ukrainiennes qui étaient considérées comme pauvres, vulnérables et seulement propriétaires de leur propre corps. Pour beaucoup, la controverse commence ici : pour défendre des femmes qui sont sujettes à la prostitution, à la soumission sexuelle, comment expliquer qu’on se déshabille ? On vient de le dire : parce qu’elles sont seulement propriétaires de leur propre corps, dès lors il devient un outil de revendication, de manifestation

Bien sûr, le tableau n’est pas le même dans tous les pays. Seulement les actions des femmes ukrainiennes ont inspiré d’autres femmes, ailleurs, qui se sont rendues compte que l’utilisation de ce corps déjà si utilisé dans nos sociétés pouvait servir à dénoncer.

On peut d’ailleurs se demander pourquoi dans une société où le corps de la femme est entièrement sexualisé, utilisé et dénudé dans de nombreuses publicités, dans les clips musicaux ou dans les films, pourquoi ce corps là dérange-t-il tant quand il est exposé pour dénoncer ? Je n’entrerai pas dans le débat puisque le sujet n’est pas celui-là, mais il serait bon de s’interroger, afin de chercher à comprendre …

Pour la majorité des personnes cette situation est critiquable et dérange. Mais le but n‘est-il pas de déranger ?

Certes, toutes les femmes ne sont pas d’accord avec cette façon de manifester et pensent qu’il est possible de se faire entendre sans avoir besoin de dévoiler son corps, certaines parties intimes. Il faut cependant ne pas oublier que dans certains pays, il est seulement possible de revendiquer une place, une écoute de cette manière là puisque la voix des femmes est très peu entendue.

Ensuite, il est parfois sous-entendu qu’on ne peut pas être féministe si on ne l’est pas dans tous les domaines. Peut-on alors être « en partie » féministe ?

Il revient ici de se demander si on peut, en gros, être féministe et aimer le rose et les paillettes. Excusez-moi la comparaison mais les images les plus simplistes fonctionnent en général le mieux.

Nombreuses sont les femmes qui se revendiquent, ou qu’on revendique, féministes et qui aiment porter des robes, regarder des tutos de make-up ou de coiffure, qui écoutent du rap, qui dansent sur des chansons jugées dégradantes pour l’image des femmes et j’en passe. Ne sont-elles pas de fait des féministes hypocrites ?

Bien sûr que non. Être féministe est une idéologie et non pas une case de plus dans laquelle on se doit de rentrer parfaitement pour ne pas se retrouver en marge du groupe. On peut être féministe et ne pas avoir lu de Beauvoir ou Olympes de Gouge. On peut être féminisme et vouloir 4 enfants et une vie rangée. On peut être féministe et préférer travailler avec des hommes.

Il est vrai que la cuisine n’est pas un domaine réservé aux femmes, mais on peut être une femme, féministe, aimant cuisiner et de fait militer pour la reconnaissance des femmes dans les grandes cuisines. Comme cette femme-là peut n’avoir rien à faire de l’écriture inclusive. Cela ne l’empêchera pas d’être féministe et d’agir pour cette égalité qui la motive tous les jours. Nombreuses sont les féministes qui se fichent bien de la bataille de l’écriture inclusive. Certaines femmes préfèrent axer leur bataille sur l’accès à l’éducation pour les femmes ou sur l’égalité des salaires pour les mêmes compétences et le même poste. L’abolition du plafond de verre peut être plus importante que la féminisation des métiers ou la reconnaissance de l’écriture inclusive à l’école.

Oui, on peut être féministe et vouloir que les agresseurs, sexuels ou non, soient punis sans pour autant balancer des noms sur la place publique par le biais d’un réseau social ou d’une tribune dans un journal. Oui, on peut condamner les viols, les agressions sexuelles et quand même vouloir plaire lorsqu’on sort sans que cela ne soit pris comme une invitation au contact. Oui on peut se battre pour qu’enfin il soit compris que le problème n’est non pas la tenue de la victime mais le violeur et pour autant aimer mettre des robes ou des jupes parce qu’on se sent plus à l’aise que dans un pantalon. Tout comme on peut être féministe et se battre pour l’accès de tous (et toutes) à la maternité/paternité sans pour autant être d’accord avec l’idée de la GPA. Oui on peut être féministe et vouloir que la femme dispose de son propre corps et pourtant être contre l’idée de la prostitution, même volontaire.

Non, il n’y a pas une seule bataille féministe. Il y a plusieurs domaines qui sont touchés par ces inégalités et il convient peut-être de s’investir correctement dans un domaine par lequel on se sent concerné plutôt que mettre son nez dans tous sans avoir les connaissances et la réelle volonté de s’y intéresser.  

On va aussi me dire qu’être féministe aujourd’hui c’est forcément agir en public, dénoncer, balancer ses idées, condamner, rédiger des articles, partager des articles, ouvrir des débats sur la place publique, s’insurger au quotidien de toutes ces inégalités, de toutes ces atteintes qui touchent les femmes jour après jour. Mais non. Non, non et non. On peut totalement aujourd’hui être féministe et ne pas se présenter comme telle. Vous me voyez vous rencontrer pour la première fois et vous dire « bonjour, je suis Lucie et je suis féministe » ? Ca me semble aussi stupide que quelqu’un qui se présenterait comme étant hétérosexuel, homosexuel, machiste ou qui ne se réduirait qu’à son métier, par exemple.

Du fait des dernières actualités, des mouvements MeToo et BalanceTonPorc (entre autres), de la visibilité actuelle du combat féministe, il parait même que parfois être féministe n’est pas un compliment. Mais faut-il vraiment se définir comme tel pour vouloir juste être considérée comme l’égal d’un homme malgré nos différences ?

Il est clairement possible pour une femme féministe aujourd’hui de vouloir changer les choses mais de vouloir le faire à son niveau, à sa petite échelle et ainsi commencer par faire comprendre ses positions à son entourage. C’est là le début du militantisme et il n’y a pour ça pas besoin de rédiger une tribune chaque semaine ou de s’insurger sur ses pages sociales personnelles dès qu’il y a une actualité négative pour le droit des femmes (on dépasserait de beaucoup les temps conseillés pour l’usage des réseaux sociaux).

Être féministe c’est aussi et surtout essayer de montrer à son entourage sa façon de voir les choses. Et l’entourage en question a le droit de ne pas être d’accord. Mais pour cela, il faut des débats et il est aujourd’hui totalement plus facile de débattre avec ses amis dans un endroit un peu intimiste que sur un réseau social au milieu des bornés, des haters, des comptes fake et des gens qui commentent juste parce qu’ils n’ont rien d’autre à faire mais qui ne connaissent pas un centième du sujet du débat. Dès lors, il faut reconnaitre qu’agir à son petit niveau est aujourd’hui plus facile et surement plus sécurisant pour la suite que de le faire en public.

Oui, on peut vouloir un vrai partage des tâches chez soi parce que non, toutes les femmes n’aiment pas repasser. Cependant, passer le balai et faire les vitres peuvent moins déranger l’un des membres du couple que l’autre et ainsi on peut arriver à un compromis.

Oui, on peut laisser son fils, neveu, cousin ou je ne sais quel autre membre masculin de l’entourage jouer avec une poupée s’il en a envie pendant que la petite fait faire des loopings aux voitures sur un circuit bleu conçu normalement pour les petits garçons.

Oui, on peut expliquer à beau-papa que non son fils ne fera pas les trous dans le mur pour accrocher le porte-manteau parce qu’il est nul avec une perceuse dans les mains mais qu’il pourra tout à faire imaginer tranquillement la déco de l’appart parce qu’il a un goût décoratif plus développé que le notre et que non, ça n’est pas contre-productif.

Nous savons toutes et tous à quel point il est déjà difficile de faire changer les mentalités des gens que nous connaissons bien et que nous fréquentons régulièrement alors il est parfois plus facile de s’en tenir à notre cercle restreint plutôt que de crier sur tous les réseaux sociaux nos revendications. Cela ne veut pas dire qu’on ne les partage pas. Cela veut plutôt dire qu’on estime que chacun de notre côté, à notre petite échelle, on peut amorcer un mouvement de changement et de prise de conscience. Et c’est aussi ça être féministe : agir mais aussi vouloir faire agir.

Non, il n’y a pas une seule manière d’être féministe. Oui plusieurs féminismes existent. Et non tous ne sont pas mauvais et tous ne sont pas à jeter. On s’implique dans une cause parce qu’elle nous parle du fait de notre passé, de notre vécu, de nos attentes et de la vision du monde qu’on a. Il est donc totalement compréhensible qu’il existe différentes manières d’agir, tout comme il existe différents courants politiques, et il faut dans tous les cas garder à l’esprit que l’unique but de ces courants reste la reconnaissance de l’égalité entre les hommes et les femmes, tout en gardant les caractéristiques qui sont propres à chaque sexe et qui font la force de chacun.

Pourquoi ces attaques ?

Dès lors, pourquoi est-ce que le mouvement féministe et les personnes qui le composent subissent autant d’attaques aujourd’hui ?

L’Homme n’a-t-il jamais eu peur des choses qui risquaient de bouleverser sa petite société et sa petite vie bien établie ? Est-ce que tout le monde s’est jeté sur les voitures lors de leur apparition ? Est-ce que chacun a crié à l’exploit lors de la création du cinéma ? Est-ce qu’aujourd’hui on ne regrette pas un peu les avancées technologiques telles que l’Internet quand on voit que tout ce qu’il contient sur les autres mais aussi sur nous ? Est-ce que Simone Veil a été accueillie à bras ouverts avec sa proposition de loi, que ce soit par les hommes et par les femmes ?

La première des raisons est que le féminisme fait peur. Aux hommes, mais aussi à certaines femmes, ne nous y méprenons pas.

En premier lieu, il y a une certaine peur de l’émasculation, ne le cachons pas. Il y a cette peur que l’homme ne serve plus à rien, que la femme devienne tellement autonome que les hommes soient délibérément écartés, mis de côté et qu’ils doivent ainsi regarder les femmes avancer sur le chemin de leur vie personnelle et professionnelle sans eux, sans aucun besoin, sans même un coup d’œil pour eux et leurs capacités.

Permettez-moi de dire que si vous pensez ça aujourd’hui, vous n’avez absolument rien compris. Eh oui. Messieurs, nous ne voulons pas vous émasculer. Quand bien même nous sommes un certain nombre à penser que vous n’êtes pas forcément utile pour prendre du plaisir (oui, oui, on peut s’en donner seule et parfois même mieux qu’avec vous), on a besoin de vous comme vous avez besoin de nous. Je ne plaisante qu’à moitié. Les femmes ne verront leur statut revalorisé que lorsque les hommes auront compris que non, elles ne sont pas une espèce inférieure ou qu’elles n’ont pas légitimement besoin d’eux pour survivre : toutes les femmes peuvent aller à l’école, toutes les femmes peuvent travailler et s’épanouir dans leur métier, toutes les femmes peuvent avoir des hobbies autres que le shopping et les chaussures et j’en passe. Mais pour que cela soit compris il faut que tout le monde le comprenne, et le monde n’est pas composer que d’un seul sexe. De fait, cette mixité originelle doit être prise en compte et utiliser afin que chacun trouve sa place, qu’on soit homme ou femme, qu’on se sente homme ou femme ou qu’on ne se sente ni l’un ni l’autre. Le but étant que chacun réapprenne à vivre en ayant conscience des besoins et des qualités de l’autre. Non, on ne veut pas vous dominer : on ne ferait qu’inverser les rôles et le problème serait le même dans quelques décennies quand viendrait le tour des hommes de se rebeller. Alors épargnons-nous une nouvelle bataille et économisons nos forces : créons une égalité. C’est la principale revendication des féministes et ça doit être la seule qui vous trotte dans l’esprit.

Il faut cependant noter que si les hommes ont peur de cette émasculation imaginaire, toutes les femmes ne se sentent pas concernées par cette bataille. Il existe des femmes qui aujourd’hui ne se retrouvent pas dans les actions féministes, dans le mouvement de dénonciation BalanceTonPorc (quand bien même elles auraient elles-mêmes eu à faire à une quelconque agression), qui voient les Femen comme des extrémistes qui ne veulent que faire parler d’elles ou qui tout simplement sont satisfaites de leur mode de vie actuel et qui ne veulent pas le changer.

Toutes les positions sont légitimes, personne n’est obligé de devenir féministe du jour au lendemain et encore moins parce qu’on est une femme. Un sexe ne définit pas une manière de penser et de nombreux éléments entre en compte pour sa propre assimilation à un mouvement quelconque : l’époque, la situation familiale, l’éducation, la vision du monde, la position sociétale … Je n’ai moi-même pas la même vision du monde que celle de ma grand-mère, un fossé sépare nos générations et pourtant je ne vais pas essayer de la convaincre ce soir de devenir féministe parce que ce n’est pas mon but. Mon but est non pas de convaincre mais de faire comprendre. Nous féministes ne demandons pas à toutes les femmes d’adhérer à la cause et de prendre notre parti, nous souhaitons juste faire comprendre que non, nous ne vivons pas toutes bien ces inégalités et ces différences avec nos confrères masculins et qu’il nous semble important que la majorité des gens prennent conscience des fossés qui séparent des personnes du fait de leur sexe et non pas, par exemple, du fait de leurs compétences. Prendre conscience ne veut, une fois de plus, pas dire agir sur la place publique en dénonçant, qu’on soit homme ou femme, mais seulement d’avoir une vision de la réalité qui n’est pas biaisée par un pur discours machiste ou féministe.

La bataille de l’égalité des sexes aujourd’hui ne dépend pas de l’action menée par l’un d’entre eux mais par la réunion des deux sexes avec leur sympathisants et leurs détracteurs, des deux côtés. 

Conclusion

Pour conclure cet article –  qui a été bien plus long que ce que je pensais qu’il serait- je dirai que nous sommes toutes et tous à la fois de bons et de mauvais féministes. On ne peut pas mettre tout le monde dans le même panier : il doit exister autant de féminisme que de partisans à la cause et la manière dont je mène mon féminisme n’est peut être pas la même que d’autres membres de mon association ou de personnes de mon entourage, mais est-ce que cela les empêche de comprendre le but de la chose ? Ne dit-on pas que pour avancer il faut débattre et que pour débattre il faut avoir des visions différentes sinon ça n’a aucun intérêt ?

Je voudrai ici rappeler quand même, parce que c’est déjà sorti dans des discussions que j’ai pu avoir et que ça m’agace profondément, que non, quand je parle d’hommes féministes, je ne parle pas que de gays ! Non seulement cette réduction est totalement malvenue et discriminante mais elle montre également que les mentalités sont loin d’être tournées vers l’évolution. Les stéréotypes envers les femmes valent aussi pour les autres personnes : non un homme gay n’est pas forcément plus sensible à la cause des femmes comme une femme féministe ne veut pas écraser ses collègues masculins. Pour l’image, est-ce qu’’il serait logique et audible qu’un homme gay, de fait attiré par les hommes, veuillent tous les éradiquer de la même manière qu’une femme féministe, comme on peut le lire parfois ?

Je crois qu’il faut juste arrêter de créer des cases en réalité et seulement voir la personne en face de soi comme un être humain avec des idées qui lui sont personnelles. Rien de plus.

Enfin, j’en conclurai, pour répondre à ma propre question qu’il n’y a ni bon ni mauvais féminisme. Le but du féminisme est de rassembler, homme comme femme, et de réapprendre les idées d’égalités qui ont dévié de leur chemin. Les femmes n’avanceront pas sans l’aide des hommes, comme les hommes ne survivront pas sans les femmes : l’un ne va pas sans l’autre.

Dès lors que cette idée d’unité est au centre de votre combat, il ne peut pas être bon ou mauvais : il ne peut qu’être.

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