[Compte rendu conférence] Les femmes dans l’industrie du rap

[Compte rendu conférence]

Les femmes dans l’industrie du rap

INTERVENANTES :

  • Amy : Originaire du 94, celle qui se défini comme « La rappeuse la plus mortelle, pour les « bons vivants » » mélange dans sa musique, un rap teinté d’influences afro urbaines et de pensées féministes. Amy a un parcours atypique : parallèlement à son métier d’artiste, elle est professeure des écoles. Son dernier album est un conte personnel réunissant musiques et court-métrages.
  • Dolores BAKELA : Journaliste, Dolores vit et travaille à Paris, principalement pour Le Média en ce moment. Elle écrit aussi pour ChEEk Magazine, Libération ou Yard. Dolores est également co-fondatrice de la plate-forme média et événementielle L’Afro et a créé le festival Fraîches Women qu’elle codirige. Ses sujets de prédilection : la question des identités, afro descendantes, la question du genre, le féminisme, la culture et surtout la musique.

 

  • Naomi CLEMENT : Spécialisée dans le domaine de la musique, Naomi Clément est une journaliste indépendante de 27 ans qui travaille pour des médias comme Les Inrocks, Konbini, Antidote Magazine ou OKLM Radio. Outre ses interviews avec des figures établies de la scène hip-hop et R&B, à l’instar de Cardi B, Jorja Smith, Kali Uchis ou Janelle Monáe, elle conçoit son travail comme un moyen d’exposer la voix des artistes féminines émergentes, faisant lumière sur quelques-unes des rappeuses et chanteuses les plus prometteuses de demain.

 

  • Juliette FIEVET : Depuis plus de 20 ans, Juliette Fievet est devenue une référence de la culture urbaine. Elle exerce actuellement sur Radio France Internationale. Elle fait ses premiers pas dans l’industrie musicale à l’âge de 18 ans, dans la salle de concert, l’Aéronef de Lille aux côtés de Manu Baron. A 21 ans, elle devient chef de projet dans la maison de disque parisienne « Next Music » où elle gravira les échelons, en devenant Directrice Artistique puis Label Manager en charge notamment des Magic System, Sean Paul, Youssoupha, Ky-Mani Marley, Adventura…À 26 ans, elle lance sa société 360° : « Influences Music », prenant en charge le développement, le management ou la stratégie de nombreux labels et artistes français et internationaux, tels que Nelly Furtado, Brick & Lace, Shaggy, Lil John, Capleton, Sizzla, Ray J…Forte de cette expérience dans la musique, Juliette décide de se lancer dans l’animation radio et en 2009, elle intègre l’équipe de l’émission Couleurs Tropicales sur RFI. Elle enchaine ensuite dans la foulée un nouvel exercice, les chroniques télés, en intégrant en 2010 France Ô, d’abord dans le magazine d’actualité Ultramarine, puis dans la quotidienne Ô rendez-vous, mais aussi durant deux saisons au Labô de Sébastien Folin, et enfin dans le late show Le Claudy Show de Claudy Siar ou elle a présenté chaque semaine durant deux années consécutives ses billets L’humeur de Juliette. Durant l’été 2014, elle est rédactrice en Chef et co-présentatrice de l’émission Island Africa Talent, la Star Academy Africaine. Hyperactive et femme de convictions, en parallèle de ses émissions, Juliette managera durant 3 ans le rappeur Kery James (de 2012 à 2015). En juin 2017, Juliette couvre le Marrakech du rire pour la chaîne EDAN. Le 25 janvier 2018 elle créer, coproduit et anime un nouveau concept sur le net nommé Le grand Pari. Adoubé par les médias, cette émission totalement auto produite est un mélange de late show, d’entretien et de live.Depuis août 2018, elle anime sur RFI sa propre émission Légendes urbaines. Dans cette émission, on assiste à des épisodes au cours desquels l’animatrice reçoit des stars des cultures urbaines telles que Dosseh, Kery James, Végédream, Seth Gueko, Amel Bent….Tous les ans, vous pouvez la retrouver à la présentation de l’émission urbaine événement de l’année, le Hip-Hop Live, aux côtés de Fred Musa sur France Ô et France 2. Juliette est aussi une animatrice live expérimentée. Vous l’avez peut-être déjà aperçu comme maîtresse de cérémonie sur diverses manifestations aussi éclectiques les unes que les autres ; des Trace Music Star pour Trace TV, médiatrice pour les conférences de la Sacem, maîtresse de cérémonie du Gala Efficience ou des PRIMUD.

 

I.  Intervention de Dolores Bakela – L’industrie du rap : la représentation de la femme dans le rap en général avec une vision pluridisciplinaire

  • La question de la représentation de la femme : une question récurrente dans le milieu du rap. L’importance de ce sujet est mise en exergue avec l’émergence du mouvement « Me too », des travaux autour de cette thématique parmi lesquels on compte ceux réalisés par chacune des intervenantes. Toutefois, cela ne veut pas dire que cette présence est problématique ou à questionner.

 

  • Dans le rap, cet enjeu est directement lié aux problèmes de sexisme, machisme ainsi qu’à la violence des mots et des échanges. Toutefois, ce sujet est beaucoup moins abordé dans d’autres styles musicaux alors qu’il existe également de vrais problématiques qui ne concernent pas un style musical en particulier, mais tout l’univers musical, et même tout l’environnement en matière de travail. Les problèmes de machisme ou de sexisme existent globalement dans la société.

 

  • Les femmes ont toujours été actives dans le rap, elles ont toujours été la base active de cette industrie. Par exemple : Sylvie Robinson, appelée « Mother of Hip hop », était l’une des premières femmes des années 70 qui s’occupait de productions discographiques et qui s’intéressait à ce genre nouveau de groupe qui naissait à New-York. Elle est l’une des premières femmes à avoir eu des succès commerciaux dans le rap. Il y a aussi Laurence Touitou, l’une des premières femmes à diriger un label et notamment un label de hip-hop. Ainsi, depuis le départ, les femmes sont à la fois sur le devant et l’arrière de la scène. En France, récemment, Pauline Duarte a été la première femme noire à la tête d’un label de rap. Après avoir eu un long parcours, elle dirige désormais le label Def Jam France. C’est la sœur du rappeur Stomy Bugsy, un grand rappeur qui a cassé ce plafond de verre dans l’industrie du rap.

 

  • La représentativité dans l’industrie, c’est aussi les femmes elles-mêmes qui contribuent à la casser en parlant de leurs consœurs, d’autres femmes qui travaillent dans l’industrie et qui parfois collaborent entre elles, etc.
  • Le « top 10 des femmes les plus influentes du rap français 2018 » réalisé par le magazine en ligne Reverse montre que les médias aussi ont la volonté de mettre en valeur des personnalités et des corps de métier dont on ne parle pas forcément. La question de la représentativité ne concerne pas que les personnes du devant de la scène. En effet, cette industrie est animée par énormément de femmes qui ont fait le choix de rester dans l’ombre, mais qui sont le maillon essentiel de la chaîne, de vrais « game changers ». Par exemple, Deborah Mannis-Gardner, est l’une des femmes aux Etats-Unis qui fait en sorte que tous les samples soit tirés : dans le rap, cela signifie emprunter à d’autres musiques pour pouvoir créer la sienne. Elle règne dans ce domaine très important depuis 25 ans et n’a pas énormément de visibilité.
  • Conclusion : la question de la représentation de la femme dans le rap est un problème très important mais très complexe. Si la visibilité est une force, c’est également là où va se nicher la fragilité de la présence des femmes dans cette industrie. Des personnes comme Shay ou Chilla sont certes visibles, mais restent victimes de beaucoup d’insultes sexistes et parfois même racistes. Cette question est aussi importante, car elle prend en compte le travail des personnes que l’on dit « dans l’ombre » et qui sont extrêmement importantes dans le domaine du rap, notamment du rap français.

   

II. Intervention de Juillet Fievet – Une image de la femme déconstruite

  • Problème en France : l’exemplarité. On a beau essayer de montrer qu’il y a des femmes dans l’industrie du rap ou qu’il y a des rappeurs cultivés, il y a une fâcheuse tendance depuis toujours, en médias généralistes, à traiter les rappeurs comme des moins-que-rien alors qu’aujourd’hui il n’y a pas de débat, le rap est la musique la plus écoutée au monde.
  • Les gens sont fascinés de voir qu’il y a des femmes dans le rap alors qu’il y en a toujours eu : Laurence Touitou, La Gazelle, Lady B, Marie-Lorette, Booba est managé par une femme, le retour de Doc Gynéco a été effectué grâce à Stéphanie Binet, etc. Mais en général, les hommes ainsi que les femmes sont choqués lorsqu’ils apprennent que des femmes peuvent occuper des postes importants dans le milieu du rap. Quand Juliette Fievet a managé Kery James, elle était souvent confrontée à ce genre de conversations : « Ah, t’es son assistante ? Non… Ah bah t’es sont attachés de presse alors ? Bah non… Bah alors tu fais quoi ? T’es sa meuf ? Bah non. ». La misogynie est aussi entretenue par les femmes. Ce n’est pas un combat contre les hommes, mais un combat qu’il faut avoir avec les hommes.

 

  • Quand on fait un métier de l’ombre, on n’est pas là pour se mettre en avant. Toutefois, cela se fait de plus en plus, car cette mise en lumière permet de devenir une marque de fabrique en tant que manager et ainsi d’avoir de meilleures opportunités pour ses artistes. Mais quand on est une femme, on a souvent plus de pudeur. On ne va pas se mettre en avant, se mettre en scène, etc.

 

  • Le rap n’est pas plus misogyne que les autres univers, il l’est peut-être même moins. Les plus grosses histoires de misogynie et les « Balance ton porc » viennent de milieux politiquement corrects. Les hommes qui ont été les plus misogynes à son égard n’étaient pas des rappeurs, mais des énarques blancs qui géraient des maisons de disques ou des radios. Au final, ce sont les rappeurs qui lui ont fait confiance et lui ont donné sa chance.
  • Les femmes qui chantent des chansons comme « Tchoin » de Kaaris savent faire la part des choses. Etant donné que le rap n’est pas considéré comme un art, on prend tout au premier degré. Quand Gainsbourg dit littéralement qu’il veut « Baiser Whitney Houston » à Michel Drucker devant 15 millions de téléspectateurs, ça a fait rire tout le monde. Aujourd’hui, ça ne fait rire personne. C’est drôle quand c’est Gainsbourg ou encore Léo Ferré, mais ça ne l’est pas quand c’est des rappeurs.
  • Il faut arrêter de victimiser les femmes. En Jamaïque, il y a un style musical qui s’appelle le Dance hall. Si les paroles sont comparables à un film pornographique, de nombreuses Jamaïcaines se sont appropriées ce mouvement en devenant les « Dance Hall queens » : des femmes dont le style de danse est comparable à de la gymnastique olympique. Ce type de danse, qui peut être encré dans une culture, est souvent considéré comme vulgaire ou sexiste par ceux qui ne connaissent rien à cette culture. Mais ces femmes, autant que Nicki Minaj ou Cardi B, sont des grandes féministes, elles savent ce qu’elles font. Ce qui est inquiétant, ce sont les jeunes filles de 12 ans qui « twerk » sur Instagram, mais là le problème vient de l’éducation que leurs parents leur transmettent, pas des rappeurs.
  • Les artistes en général sont très égoïstes. A l’exception de quelques altruistes qui sont conscients de l’impact que leurs mots peuvent avoir sur ceux qui les écoutent et qui sont conscients qu’ils ont une part de responsabilité, beaucoup d’artistes sont très « capitalises ». Dans cette nouvelle génération qui a presque transformé le rap en de la pop, il n’y a plus de militantisme, mais simplement une volonté de faire de l’argent. Le concept de rap conscient, de volonté de dénoncer, n’existe plus parce que désormais, c’est l’argent qui peut faire changer les choses. Il y a encore des rappeurs qui font du rap conscient, mais la plupart répondent à une demande et malheureusement notre génération n’a plus envie des mêmes choses.
  • Les femmes sont plus dures avec les femmes. Les plus grosses consommatrices ce sont les femmes. Dans les concerts des plus gros rappeurs il y a beaucoup de femmes. Mais la difficulté est que ce public féminin ne suit pas les rappeuses, mêmes entre elles, elles sont plus dures. (C’est une culture très franco-française).
  • Conclusion : il y a beaucoup de femmes dans le milieu et les ennemis ne sont pas nécessairement là où on le pense. Les personnes qui jugent le rap parce qu’elles ne le connaissent pas aiment parfois des œuvres d’art contemporain plus trash, parfois pornographiques, et même pédophiles. Les personnes (et surtout les femmes) dans ce milieu ont une responsabilité, notamment celle de répondre aux interviews, car elles peuvent changer les choses et montrer que le rap n’est pas si misogyne que ça.

III. Intervention de Amy

  • Le rap c’est très difficile pour les filles. Chez toutes les filles qui se lancent dans le rap, il y a une part de folie, une part de masculinité. Ce qu’une fille qui se lance dans le rap veut faire en premier c’est « kicker » pour prouver aux autres qu’elle a sa place, qu’elle est légitime d’être là. Mais au final, on peut « kicker » comme on veut, ce n’est pas cela qu’on attend de nous. Le meilleur exemple c’est DIAM’S, elle a « kické » toute sa vie, elle n’a pas réussi à atteindre la reconnaissance qu’elle voulait, la notoriété qu’elle attendait. C’est uniquement quand elle a commencé à faire des morceaux où elle parlait aux gens, et particulièrement aux femmes, qu’elle a vraiment explosé.

 

  • Aujourd’hui le but du rap : avoir des messages clairs, qui plaisent ou pas, et de s’adresser aux jeunes femmes. Les rappeuses qui sont connues aujourd’hui sont celles qui ont un message fort. Tout est dans la plume, même pour celles qui kick. Aux Etats-Unis c’est différent, c’est le style, « le flow » qui compte, ce qui ne passe peut-être pas aussi bien en français.
  • Enseignante pour des jeunes en CM2, Amy a eu la possibilité de voir l’impact que le rap a sur ces élèves. Avant, elle enseignait dans le 16e et ses élèves écoutaient du rap assez gentil comme du Black M. Désormais, elle est en Zone REP +, zone très sensible, et ses élèves écoutent plus du Koba la D, Maes, des rappeurs plus violents dans leurs textes.
  • Il y a aussi une responsabilité des rappeurs par rapport à leur public. Elle reprend parfois certains de ses élèves qui chantent des paroles qu’ils ne comprennent pas. C’est donc à ce sujet qu’il faut sensibiliser les artistes qui n’ont pas forcément conscience de l’impact de leurs paroles dans la vie des gens.
  • Amy a créé une série appelée « Le dis pas à ma mère » qui est disponible sur Youtube. Dans sa série, dont certains rôles sont occupés par des artistes connus (Mokobé, MHD etc), elle aborde beaucoup le sujet des femmes et notamment celui des femmes battues.
  • Conclusion : elle espère qu’il y aura plus de filles dans le monde du rap, tant au niveau des artistes que des productrices. On peut voir que les choses évoluent, même s’il y a encore pas mal de choses à faire.

 

Les Questions

  • Question posée par Dolores Bekala aux autres intervenantes : Etes-vous d’accord avec l’appellation « rap féminin » ?

 

Amy : Non. Pour elle le rap, c’est du rap.

Naomie Clément : Il est vrai que l’on peut remarquer une tendance à ajouter l’adjectif « féminin » dans tous les domaines, comme dans le sport par exemple, mais cela commence à changer. En effet, de nombreuses femmes refusent de se voir comme des femmes dans le rap, elles préfèrent dire qu’elles sont des artistes et refusent qu’on les associe au terme de rappeuse qui renvoie au féminin.

Dolores Bekala : Il y a un côté marketing. Dans le domaine de la musique ou du sport, le marketing a compris que la division genrée des activités marchait et c’est pour cela qu’elle continue à exister. Le seul fait de se poser la question de savoir si cela a du sens de parler de rap féminin est un problème. On devrait pouvoir parler de rap sans penser automatiquement aux rappeurs. Même dans les victoires de la musique, on présente d’un côté les femmes, et d’un autre les hommes, et souvent les femmes sont présentées comme appartenant à la fragilité de la chanson française, alors que les hommes sont davantage dans le rock, avec des instruments. Ainsi, cette question de rap féminin peut se poser, mais il faut plutôt se demander : comment globalement dans la société pense-t-on la répartition au niveau du genre ? Les auditrices et les auditeurs attendent-ils que dans le rap, des catégories soient faites en considération du genre ?

Juliette Fievet : Dans l’inconscient collectif une femme chante, et un homme rap. Ce qui fonctionne avec Aya Nakamura c’est qu’elle chante, si elle avait fait du rap, sans chanter, ça n’aurait pas autant plu. Il y a des « punchlines », des domaines qui sont acceptables pour les hommes, mais pas pour les femmes. C’est pour cela qu’on dit « rap féminin », mais elle est contre. On ne parle pas de danse féminine ou masculine. Les choses changent petit à petit. C’est dur pour les rappeuses, et ce n’est pas seulement au niveau de l’industrie du rap puisque c’est le public qui choisit de faire connaître quelqu’un et donc c’est le public qu’il faut d’abord convaincre avant de convaincre l’industrie musicale. Finalement, ni les hommes ni les femmes ne donnent beaucoup de force aux femmes dans le rap.

IV. Mot de la fin

  • Parole à Dolores Bekala : Le rap n’est pas considéré comme une culture légitime, mais comme une culture populaire, de sauvages, alors que certains morceaux de rap sont magnifiques et méritent d’être reconnus comme légitimes. Un critique parlait des métaphores de Booba comme des « métagores », ce qui montre qu’il y a un véritable travail linguistique, un travail d’écriture et de recherche dans le rap.

 

  • Parole à Juliette Fievet : Aux Etats-Unis, Kendrick Lamar est très respecté pour ses textes et métaphores. En France, Eric Zemmour peut dire dans n’importe quel plateau télé que le rap est une sous-culture d’analphabète sans que cela ne pose aucun problème. En France, il y a un problème de liberté d’expression et d’ouverture d’esprit. Il est vrai que le rap peut être agressif, mais en s’approchant de ce genre musical, on peut découvrir des choses, mais les gens ne s’y intéressent pas. Les « punchlines » des rappeurs entrent dans le vocabulaire courant, un nombre incalculable d’expressions utilisées couramment viennent du rap, ce qui montre que les choses changent.

 

 V. Mot de la fin et Intervention de Naomie Clément 

COLORS fait partie des médias jeunes qui contribuent à la visibilité des femmes. En parallèle des médias, il y a aussi des institutions un peu officielles de la musique qui mettent en lumière les femmes, notamment les Grammys qui ont remis à Cardi B le prix du meilleur album rap de l’année. Cela a fait beaucoup de bruit, ce qui montre que les gens ne sont pas prêts. Il y a également les festivals qui jouent un rôle éminemment important dans la visibilité des femmes. Même si les têtes d’affiche sont principalement des hommes, les choses changent. Les femmes investissent désormais des programmes de gros festival dans le monde. En récompensant plus de femmes, et en les exposant plus, les institutions musicales et les festivals jouent un rôle dans cette visibilité de la femme.

Les réseaux sociaux jouent également un rôle très important, puisqu’ils ont permis aux rappeuses de s’affranchir des industries musicales, milieu dans lequel il est très compliqué de s’imposer (label, maison de disques, médias…). Un très bon article du Newyorker, écrit fin 2018 par une femme, expliquait que « grâce à des plateformes comme YouTube, twitter, Soundcloud et Instagram, mais aussi grâce à la démocratisation des plateformes de streaming, les femmes peuvent directement s’adresser à leurs audiences et trouver un succès significatif ». Mais ce qu’elles ont permis aussi ces plateformes, c’est une plus grande solidarité entre les femmes. L’absence de solidarité est un problème très français, car aux Etats unis, il y a cette génération de nouvelles rappeuses issues d’internet qui collaborent entre elles.

 

Il faut donc utiliser  la force des réseaux sociaux pour mettre en avant ces artistes, et peut être que dans quelques années, on pourra refaire des conférences sur la place des femmes dans le rap et ainsi se rendre compte que ça a bien changé, qu’elles ont enfin la visibilité qu’elles méritent, et ce, grâce à nous tous.

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